{"id":2270,"date":"2023-06-21T17:04:29","date_gmt":"2023-06-21T15:04:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.kromvojoj.cc\/?page_id=2270"},"modified":"2024-11-04T20:13:23","modified_gmt":"2024-11-04T19:13:23","slug":"nahuel-passerat","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.kromvojoj.cc\/es\/edicion-2023\/nahuel-passerat\/","title":{"rendered":"Nahuel Passerat"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3998 size-large\" src=\"https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"1024\" height=\"683\" srcset=\"https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.kromvojoj.cc\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/199_KROMVOJOJ_23_.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/ fetchpriority=\"high\"><\/p>\n<p><strong>Reus \u27a1\ufe0f Monast\u00e8re Saint Pere de Rod\u00e9s 373km 5213m d+<\/strong><br \/>\nSuite \u00e0 un second IRM fin f\u00e9vrier qui confirme le premier et la fin du trail. Je recommence \u00e0 allonger les distances \u00e0 v\u00e9lo en esp\u00e9rant que mon dos me laisse tranquille. Il me faut un challenge et Kromvojoj organis\u00e9 entre autres par mes amis par @arrieredupeloton et @uri_hergo tombe \u00e0 point nomm\u00e9. Encore merci \u00e0 eux de m&#8217;avoir laiss\u00e9 un d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire pour m&#8217;inscrire apr\u00e8s un dernier test sur un week-end de bikepacking. La seule inconnue qui reste est de choisir sa monture. Malheureusement l orbea terra m20i doit repartir en sav. A toute h\u00e2te je r\u00e9cup\u00e8re mon factor ls que je dois de suite modifier pour le configurer moins race. Suite \u00e0 mon retour d&#8217;exp\u00e9rience de la two volcano j&#8217;investis dans une roue dynamo et une tige de selle ergon pour soulager mon dos. Au vu des pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o je d\u00e9cide de prendre ma goretex 3 couches et mes gants d alpinisme. Je prends la route samedi apr\u00e8s un dernier petit-d\u00e9jeuner en famille. Tr\u00e8s vite je tombe sur la neige \u00e0 1400m dans les Pyr\u00e9n\u00e9es sachant qu&#8217;on va passer lors de la course \u00e0 plus de 2000m. Arriv\u00e9 \u00e0 Reus, accueilli par mes amis Jo et Malvina, je rejoins le site de d\u00e9part pour les derniers pr\u00e9paratifs. Je retrouve avec grand plaisir Bruno avec qui on se rem\u00e9more les merveilleux souvenirs de la two volcano.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part pr\u00e9vu \u00e0 20h est retard\u00e9 de quelques minutes suite \u00e0 une grosse pluie, le temps que chacun enfile sa goretex. Apr\u00e8s une travers\u00e9e de ville escort\u00e9e par la police, nous sommes partis \u00e0 l&#8217;aventure. Nous restons en peloton jusqu&#8217;au 50e km puis nous devons nous s\u00e9parer.<\/p>\n<p>Je roule au m\u00eame rythme que le toulousain Valentin Robe avec qui je fais connaissance. Bruno nous rejoindra rapidement ce qui marquera la cr\u00e9ation de La french Mafia dixit Marc qui rejoint notre quator. La pluie s&#8217;estompe et la nuit froide et humide d\u00e9file. Il nous tarde le premier petit-d\u00e9jeuner de l&#8217;aventure. Ce moment r\u00e9confortant apr\u00e8s la nuit est toujours tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9. On d\u00e9valise un forn de pa \u00e0 Gerone avant de repartir direction la Costa Brava via une longue partie de transition plate. Depuis le d\u00e9part nous faisons face \u00e0 un fort vent du nord qui nous laisse peu de r\u00e9pit. Le relief redevient int\u00e9ressant avec un premier vol pour redescendre sur la Selva de Mar et attaquer la mont\u00e9e au Cp1 : Le Monast\u00e8re. Je connais cette mont\u00e9e pour l&#8217;avoir reconnu avec greg et flo dans notre week-end bikepacking.<br \/>\nBruno qui avait \u00e9t\u00e9 distanc\u00e9 sur la fin de la partie plate nous d\u00e9pose sur place dans cette mont\u00e9e. Je finis la mont\u00e9e \u00e0 mon rythme pour atteindre le sommet ou Bruno s&#8217;appr\u00eate \u00e0 repartir. Je sais que sauf incident je ne le reverrai pas avant Reus.<\/p>\n<p><strong>Monast\u00e8re Sant Pere de Rod\u00e9s \u27a1\ufe0f Port de la Bonaigua 431km 9000m d+<\/strong><br \/>\nJe prends le temps de me changer avec ma tenue de jour m\u00eame s\u2019il est d\u00e9j\u00e0 dimanche midi. Un b\u00e9n\u00e9vole lubrifie ma cha\u00eene pendant ce temps-l\u00e0. Comme on s&#8217;attend \u00e0 n\u2019avoir aucune aide, d\u00e8s que quelqu\u2019un nous aide \u00e7a devient un vrai luxe. S&#8217;attaque la redescende toujours vent de face vers le village suivant o\u00f9 je sais qu&#8217;il y a un vrai alli\u00e9 pour nous dans nos \u00e9preuves : les kebabs. Je gare mon v\u00e9lo devant et je rentre pour me faire un bon repas avant d&#8217;attaquer cette partie qui est la plus dure du parcours. Un kebab sur place, un \u00e0 emporter, idem pour le coca avec un double expresso en guise d&#8217;ap\u00e9ritif ! Mon v\u00e9lo devant attire Valentin qui se joint \u00e0 moi avec une commande quasi similaire. \u00c9tienne nous rejoint ensuite et nous fait part de l&#8217;accident de son ami Damien avec qui il \u00e9tait venu.<br \/>\nL\u2019ultra cycling est une pratique \u00e0 haut risque et cet \u00e9v\u00e9nement nous le rappelle. Heureusement plus de peur que de mal d\u2019apr\u00e8s le retour de son ami.<\/p>\n<p>Je repars avec Valentin mais rapidement avec le vent de face je me d\u00e9tache. J&#8217;avance en terrain connu et je sais que je vais devoir m&#8217;arr\u00eater \u00e0 la Jonquera pour me racheter des barres car mon stock est \u00e0 sec. Tout \u00e0 coup ma roue se bloque. Je ne comprends pas ce qui se passe. Je pense que c&#8217;est ma dynamo bref rien \u00e0 faire. Valentin revient sur moi me demande si tout est OK et \u00e0 ce moment je comprends d&#8217;o\u00f9 vient le souci : mon varia avait boug\u00e9 et bloqu\u00e9 ma roue. Je l&#8217;ai sacr\u00e9ment ponc\u00e9 le varia !! J&#8217;arrive rapidement \u00e0 la jonquera, magnifique bourgade connue pour ses monuments historiques \ud83e\udd23\ud83e\udd23 Je m&#8217;arr\u00eate au supermarch\u00e9 faire le plein de turon, de snickers et de bounty car il n\u2019y a pas une barre de c\u00e9r\u00e9ales dans les rayons. Bref en ultra cycling on fait avec ce que l&#8217;on trouve. Toutes ces sucreries m&#8217;avaient br\u00fbl\u00e9 le palais \u00e0 la Two Volcano mais il faut du carburant. Je connais la partie \u00e0 venir m\u00eame si des parties que l\u2019on avait fait en reco ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es et j&#8217;attaque une longue mont\u00e9e de 20 km pour basculer dans les PO.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois le sommeil se fait ressentir et je d\u00e9cide donc de m&#8217;arr\u00eater dans un abribus pour ma premi\u00e8re pose dodo. Il est environ 15h je mets le r\u00e9veil sur 12 minutes et je m&#8217;endors \u00e0 m\u00eame le sol car le banc est trop petit. Au bout de 10 min je me r\u00e9veille en forme<br \/>\net je repars \u00e0 l&#8217;assaut du premier tr\u00e8s long col. La mont\u00e9e se passe bien, \u00e0 mon rythme et celui de mes playlists spotify ! Je m\u2019ambiance seul et \u00e7a permet de mettre du rythme. Je bascule en France et j&#8217;attaque une longue descente en bas de laquelle je retrouve Marc qui m&#8217;avait doubl\u00e9 durant l&#8217;un de mes arr\u00eats. On repart ensemble vers la longue et difficile mont\u00e9e au col d&#8217;ares avec encore quelques nouveaut\u00e9s que je n&#8217;avais pas fait en reco. Les jambes vont bien et j&#8217;attaque la mont\u00e9e \u00e0 bon rythme ce qui me permet de reprendre Valentin.<br \/>\nMalheureusement il doit s&#8217;arr\u00eater regonfler ses pneus et je me retrouve de nouveau seul. La premi\u00e8re partie se passe bien, mais la seconde est plus laborieuse. Je bascule dans une longue descente vers Camprodon o\u00f9 je commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ma nuit.<br \/>\nJe m&#8217;arr\u00eate \u00e0 une station service acheter des cartouches pour la nuit : jambon serrano et redbull. C&#8217;est bien les seuls moments o\u00f9 je bois ce truc mais il doit avoir un effet placebo non n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p>Je remonte un premier col puis un second avant la tomb\u00e9e de la nuit. Je gare mon v\u00e9lo au panneau et je vais satisfaire un besoin naturel quand Marc atteint ce col. On d\u00e9cide de descendre ensemble \u00e0 Ripoll, de manger un bout chaud et de dormir avant d&#8217;attaquer l&#8217;une des plus longues mont\u00e9es du parcours, celle du Coll de la Creueta via La Molina. On arrive \u00e0 Ripoll au moment o\u00f9 est lanc\u00e9 un magnifique feu d&#8217;artifice. On trouve un kebab ouvert pour se restaurer et se changer en pr\u00e9vision de la nuit. On met toutes nos affaires chaudes et on part \u00e0 la recherche d&#8217;un spot pour dormir. A d\u00e9faut de distributeur de banque on se rabat vers un abri bus. Je n&#8217;ai pas de matelas gonflable juste un bivy de secours. Marc lui en a un et m&#8217;annonce qu&#8217;il veut dormir 4h. Je lui dis que moi je pars pour deux cycles de sommeil soit 3h. Le but en ultra est de s&#8217;endormir le plus rapidement possible. J&#8217;ai de la chance, je m&#8217;endors rapidement. 1h30 apr\u00e8s je me r\u00e9veille naturellement ou plut\u00f4t car la terre battue n&#8217;est pas confortable. Je m&#8217;\u00e9carte de mon ami et me pr\u00e9pare pour reprendre la route. La guardia civil d\u00e9barque et je leur explique le pourquoi du comment devant la situation qui les laisse perplexe. Ils r\u00e9veillent Marc qui me souhaite bonne chance avant de se rendormir.<\/p>\n<p>Il est 2h du matin, je repars, la mont\u00e9e est longue surtout avec le vent de face car je dois m&#8217;employer pour avancer. Plus je monte, plus il est fort et les temp\u00e9ratures baissent. La fin du premier col dont 2 km \u00e0 12% avec le vent de face est \u00e9pique mais ce n&#8217;est rien avec ce qui m&#8217;attend. Juste avant de basculer je finis de m&#8217;\u00e9quiper car les temp\u00e9ratures approchent le 0\u00b0C au garmin et l\u2019humidit\u00e9 grandit. Au moment de basculer je me rends compte que sur l&#8217;autre versant il fait un m\u00e9lange de pluie et de neige avec des rafales \u00e0 100km\/h. Je m&#8217;abrite avec la paroi pour enfiler la fin de ma tenue de combat : les gants d\u2019alpinisme, la gore tex 3 couches, le pantalon et les sur chaussures gore tex. J&#8217;attaque la remont\u00e9e \u00e0 la Creueta dans une ambiance sacr\u00e9ment rock&#8217;n&#8217;roll. Arriv\u00e9 p\u00e9niblement au col aux alentours des 5h du matin, j&#8217;attaque la descente \u00e0 environ 8% mais j&#8217;ai toute la peine du monde \u00e0 rester sur mon v\u00e9lo et mon garmin indique 8km\/h ! Bref je monte aussi vite que je descends.<\/p>\n<p>Les 20 km de descente ont \u00e9t\u00e9 un enfer. Je traverse un premier village mais malheureusement tout est ferm\u00e9. Dans le second village il y a une boulangerie avec le rideau l\u00e9g\u00e8rement lev\u00e9. Je me baisse pour frapper et au bout de quelques minutes la boulang\u00e8re m&#8217;ouvre et m&#8217;accueille chaleureusement. Apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner revigorant, je reprends ma route au petit matin. Il fait soleil mais le fond de l&#8217;air est encore froid. J&#8217;attaque une mont\u00e9e dans laquelle le sommeil me rattrape et je prends donc la d\u00e9cision de faire comme dirait Bruno une turbo sieste de 2 min. Le Col dont j&#8217;ai oubli\u00e9 le nom offre un magnifique panorama sur Pedraforca. Il est l\u2019heure de la visio du matin avec Pauline et les enfants. Ces moments me font beaucoup de bien.<\/p>\n<p>Je commence \u00e0 ressentir de la lassitude et il me faut absolument me recentrer sur un objectif. Je check la m\u00e9t\u00e9o et mon objectif devient clair : arriver au port de la Bonaigua avant la nuit car les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o sont dantesques. J&#8217;ai pouss\u00e9 toute la journ\u00e9e sans m&#8217;arr\u00eater<br \/>\nmanger pour atteindre cet objectif qui m&#8217;a boost\u00e9. Nous passons dans le parc du Cadi avec de magnifiques routes et panoramas. J&#8217;ai pour seule compagnie les mouflons dans un environnement magnifique. Une \u00e9norme descente en lacets dans laquelle je croise l\u2019\u00e9quipe Isra\u00ebl-Premier Tech et Intermarch\u00e9-Circus-Wanty nous ram\u00e8ne \u00e0 la civilisation. C&#8217;est impressionnant de voir des pros dans un col, on ne fait d\u00e9finitivement pas le m\u00eame sport.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une p\u00e9riode de transition vent de face, j&#8217;attaque une mont\u00e9e qui de m\u00e9moire f\u00fbt la plus difficile pour moi niveau jambes. Je suis fatigu\u00e9 et j&#8217;avance plus, bien aid\u00e9 par le vent de face mais il faut continuer \u00e0 avancer encore et toujours pour atteindre l&#8217;objectif du jour.<br \/>\nLes km passent et je retrouve une route que je connais bien, celle qui m\u00e8ne \u00e0 Rialp. Une longue descente vers Sort dans laquelle le vent joue avec nous comme avec des pantins, les vitesses passent de 70km\/h \u00e0 20km\/h d\u00e8s qu&#8217;on est dans le vent. Une fois \u00e0 Sort on doit remonter 25 km de vall\u00e9e vent de face pour atteindre le pied de la Bonaigua. J&#8217;arrive \u00e0 Rialp, village qui me rappelle tellement de souvenirs gr\u00e2ce \u00e0 la rialp matxicots. Pour l&#8217;anecdote, le pr\u00e9nom de ma fille, Aina, vient de cette course o\u00f9 l\u2019une des jeunes b\u00e9n\u00e9voles s&#8217;appelle ainsi. Malheureusement l\u2019h\u00f4tel Victor est ferm\u00e9, je m&#8217;arr\u00eate donc \u00e0 la boucherie pour acheter du fromage et du jambon pour prendre des forces pour l&#8217;ascension du point culminant du parcours. Je compl\u00e8te ma collation avec du gaspacho et une tortilla. Il est 17h lorsque j&#8217;attaque la mont\u00e9e.<\/p>\n<p>Surprise, on commence \u00e0 monter sur un autre flanc de montagne car la mont\u00e9e classique ne devait pas \u00eatre assez longue. Apr\u00e8s 7 ou 8 km de mont\u00e9e, Tomas me rejoint en voiture et m&#8217;annonce qu&#8217;ils ont neutralis\u00e9 la course au pied du col. J&#8217;\u00e9conomise au max ma batterie car ma dynamo n\u2019arrive pas \u00e0 recharger mon tel. Je passe ma journ\u00e9e en mode avion donc je n\u2019avais pas vu l\u2019info sur le groupe WhatsApp de la course. Je ne suis pas \u00e9tonn\u00e9 car les pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o sont mauvaises et je suis content d&#8217;avoir pouss\u00e9 malgr\u00e9 la fatigue.<br \/>\nAu fur et \u00e0 mesure de la mont\u00e9e la temp\u00e9rature se refroidit et la fin du col est enneig\u00e9. Je rejoins le sommet \u00e0 pr\u00e8s de 2100m, aux alentours de 19h30 o\u00f9 je retrouve un b\u00e9n\u00e9vole, Tomas et la vid\u00e9aste. Quel grand moment d&#8217;arriver au sommet dans ces conditions et de faire tamponner ma carte de brevet.<\/p>\n<p><strong>Port de la Bonaigua \u27a1\ufe0f Mont Caro 455km 9308m D+<\/strong><br \/>\nUne fois arriv\u00e9 je m&#8217;\u00e9quipe pour les 20 kms de descente avec toutes mes affaires chaudes au-dessus de ma goretex shakedry que j&#8217;avais pour finir la mont\u00e9e: je rajoute ma doudoune, le burner et ma goretex 3 couches. Je passe mon pantalon de pluie, mes sur chaussures et j&#8217;attaque la descente avant la temp\u00eate de neige. A peine arriv\u00e9 \u00e0 Baqueiea je suis sous des trombes d&#8217;eau, je descends prudemment sous le d\u00e9luge. J&#8217;arrive \u00e0 Vielha vers 20h o\u00f9 j&#8217;avais pr\u00e9vu de manger puis de reprendre un peu la route avant de dormir. J&#8217;ai toutes mes affaires chaudes sur moi, toutes humides et au vu de la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure et des trombes d&#8217;eau qui tombent, je d\u00e9cide de prendre une chambre d&#8217; h\u00f4tel. Je regarde les dispos et je trouve un h\u00f4tel parfaitement situ\u00e9 avec un local \u00e0 v\u00e9lo ouvert 24\/24h. Le plan est simple: prendre une douche, faire s\u00e9cher toutes mes affaires, charger mes batteries, manger, dormir 3h en mettant mes fesses \u00e0 l&#8217;air pour les faire s\u00e9cher car elles commencent \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9es. Dans ces moments-l\u00e0 on se rend compte \u00e0 quel point c&#8217;est bon de prendre une douche.<br \/>\nJe descends au restaurant o\u00f9 je suis trop content de me faire une pasta que je combine avec un poke Ball. Ce plat de p\u00e2tes tricolores \u00e0 la sauce tomate restera dans mes annales comme le plus d\u00e9gueulasses que j&#8217;ai jamais mang\u00e9. Je remonte dans ma chambre o\u00f9 je r\u00e8gle mon r\u00e9veil pour dormir 3h. Avec le confort, aucun souci pour m&#8217;endormir mais quand le r\u00e9veil sonne \u00e0 2h30 du matin avec le son de la pluie sur les vitres, le plus dur est de trouver la motivation pour se lever. Enfin, je me rappelle qu&#8217;on n\u2019est pas l\u00e0 pour trier les lentilles. A 3h07 je suis fin pr\u00eat et reprends la route en direction du tunnel de vielha. Je regarde le suivi et je me rends compte que Borja qui est le 4eme et dernier coureur \u00e0 avoir franchi le port de la Bonaigua est d\u00e9sormais 40 km devant moi. Je me dis qu&#8217;avec le confort que j&#8217;ai pris je vais essayer de faire au moins 23h sur le v\u00e9lo avant ma prochaine \u00abnuit\u00bb. J&#8217;arrive au tunnel de vielha o\u00f9 je vais pouvoir faire quelques kilom\u00e8tres \u00e0 l&#8217;abri de la pluie. Comme expliqu\u00e9 au briefing et sur les panneaux lumineux je signale ma pr\u00e9sence via la borne sos et de suite la voie de droite devient interdite \u00e0 tous les v\u00e9hicules .<\/p>\n<p>Je profite de l&#8217;accalmie mais \u00e0 la sortie la pluie est plus violente avec le vent dans le dos et une descente \u00e0 6-7%. L\u00e0 pour le coup on avance mais \u00e0 60 km\/h je suis compl\u00e8tement asperg\u00e9 par ma roue avant. Pour le moral, heureusement que les kilom\u00e8tres d\u00e9filent car ce n&#8217;est pas les meilleurs moments de rouler en pleine nuit tremp\u00e9 comme une soupe. Les premi\u00e8res lumi\u00e8res du jour arrivent en m\u00eame temps que la pluie cesse. Je passe dans un village o\u00f9 j&#8217;en profite pour retirer mes affaires de pluie et regarder le suivi live pour me rendre compte que Borja est d\u00e9sormais juste derri\u00e8re moi. J&#8217;attaque une mont\u00e9e dans un canyon, avec le lever du jour c&#8217;est magnifique. Il me tarde de trouver un village pour me faire le traditionnel petit d\u00e9jeuner d&#8217;ultra.<br \/>\nJ&#8217;arrive \u00e0 la Pobla de Segur et malheureusement les forn de pa ne sont pas encore ouverts. Il y a un employ\u00e9 municipal qui travaille, je lui demande o\u00f9 je peux trouver une boulangerie, il m&#8217;indique une petite rue avec un boulanger qui travaille dans son fournil.<br \/>\nJe trouve une porte ouverte sur un four \u00e0 pain et un boulanger en plein boulot qui m&#8217;accueille \u00e0 bras ouverts. Je vais vivre un grand moment dans ce fournil en toute simplicit\u00e9 avec la d\u00e9gustation d&#8217;une coca constitu\u00e9e d\u2019une p\u00e2te \u00e0 pain fine et croustillante avec des poivrons dessus. Il me coupe une moiti\u00e9 et me pr\u00e9pare l&#8217;autre moiti\u00e9 \u00e0 emporter. Je vais finalement tout manger puis je vais d\u00e9guster une autre coca sucr\u00e9e cette fois-ci \u00e0 l&#8217;anis. Son chat est tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par mes victuailles, quant \u00e0 nous on discute de playlist spotify.<br \/>\nJe prends une coca sal\u00e9e \u00e0 emporter et je d\u00e9colle direction un caf\u00e9 pour compl\u00e9ter le petit d\u00e9jeuner, un quadruple espresso et un chocolat chaud que je trouverais \u00e0 Tremp. Je fais une visio avec les enfants mais malheureusement ils sont d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;\u00e9cole. Apr\u00e8s cette pause je reprends la route derri\u00e8re Borja ; et Valentin qui a \u00e9t\u00e9 aiguill\u00e9 sur un itin\u00e9raire de repli.<\/p>\n<p>On a quitt\u00e9 mes Pyr\u00e9n\u00e9es mais le pi\u00e9mont nous r\u00e9serve de belles mont\u00e9es. Apr\u00e8s une premi\u00e8re mont\u00e9e et une descente, je vois \u00e0 mon Garmin que l&#8217;on va attaquer un sacr\u00e9 chantier avec une mont\u00e9e dans une r\u00e9serve naturelle de 1200m de d+ . Cette mont\u00e9e me rappelle la Two Volcano avec des forts pourcentages et une route en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat. Tr\u00e8s vite, je vois Borja en point de mire. Je suis content car on va pouvoir discuter et faire connaissance. \u00c7a va faire du bien car \u00e7a fait un moment que je n&#8217;ai pas vu d&#8217;autres coureurs. Je reviens sur lui \u00e0 la mi mont\u00e9e et on commence \u00e0 discuter . Il est aussi content que moi car \u00e7a fait un moment que lui aussi est seul. Il anime un podcast sur l\u2019ultra cyclisme donc on n\u2019a pas de mal \u00e0 trouver des sujets de conversation.<\/p>\n<p>On finit l&#8217;ascension puis on attaque la descente toujours typ\u00e9e Two Volcano. En bas de la descente il fait chaud et je dois recharger mes bidons. Nos chemins se s\u00e9parent donc. Il est 12h, je trouve une boulangerie pour faire le plein, me faire un petit encas et me changer. Pour la premi\u00e8re fois il fait vraiment chaud avec plus de 30\u00b0 au Garmin. Je repars vers une mont\u00e9e puis une longue partie de 100 km plate ou presque. Apr\u00e8s le sommet, le vent de dos nous fait du bien sur de longs faux plats descendants. Les kilom\u00e8tres d\u00e9filent et le thermom\u00e8tre s&#8217;affole avec une pointe \u00e0 41\u00b0 au Garmin. Je passe les 1000 km, cap toujours marquant car ce n&#8217;est que la deuxi\u00e8me fois que je le franchis.<br \/>\nLes longues parties de plat s&#8217;encha\u00eenent et je suis vraiment heureux d&#8217;avoir mes prolongateurs car \u00e0 35km\/h les kilom\u00e8tres d\u00e9filent. Par contre, autant les \u00e9carts en montagne se r\u00e9duisent vite, autant sur le plat il faut des heures pour rejoindre ou se faire rejoindre.<br \/>\nApr\u00e8s quelques heures, je re\u00e7ois la visite d&#8217;un dot watcher (personne qui suit via Internet l&#8217;avanc\u00e9e de cyclistes ou plus g\u00e9n\u00e9ralement de coureurs gr\u00e2ce \u00e0 un GPS port\u00e9 lors de courses ou d&#8217;\u00e9v\u00e9nements sportifs). J&#8217;ai d\u00e9couvert \u00e0 quel point cette communaut\u00e9 est<br \/>\nd\u00e9velopp\u00e9e et bien organis\u00e9e. Il m&#8217;indique que Borja est juste devant et qu&#8217;il y a une station service \u00e0 quelques kilom\u00e8tres. Il m&#8217;accompagne en me suivant avec les warnings de sa moto. Arriv\u00e9 \u00e0 la station, je d\u00e9valise les cong\u00e9lateurs de glaces et les frigos.<br \/>\nAu moment de repartir j&#8217;aper\u00e7ois Valentin qui lui aussi va faire une descente dans les cong\u00e9lateurs de la station. Je ne l&#8217;avais pas revu depuis la partie fran\u00e7aise. Il me raconte l&#8217;arr\u00eat de la course, ses anecdotes et moi les miennes .<\/p>\n<p>On repart vers une nouvelle partie plane. On se dit qu&#8217;on va essayer de pousser jusqu&#8217;au Mont Caro. D&#8217;apr\u00e8s nos estimations on y sera vers 1h du mat. On r\u00e9fl\u00e9chit d\u00e9j\u00e0 dans quel ordre on va passer au Pic puis au refuge. On est loin de se douter de ce qui nous attend.<br \/>\nEn fin d&#8217;apr\u00e8s-midi on retrouve des pentes en attaquant les coteaux du Priorat, cette appellation de vin que j&#8217;affectionne tant et dont les paysages sont aussi beaux que leur vin rouge est bon. Encore une fois d\u00e8s les premi\u00e8res pentes on retrouve Borja en point de mire.<br \/>\nOn se retrouve rapidement, et l&#8217;une des premi\u00e8res choses que l&#8217;on fait c\u2019est \u00e0 nouveau de d\u00e9valiser une station juste avant la tomb\u00e9e de la nuit. J&#8217;ai vraiment peur de la d\u00e9shydratation avec cette journ\u00e9e de chaleur qui est un facteur d\u00e9clenchant de tendinite. Je me tombe un nouveau litre de gaspacho, deux glaces et du jambon serrano. Les gens sont interloqu\u00e9s de nous voir pique-niquer par terre devant la station avec nos t\u00eates pas fra\u00eeches. On repart dans les vignes du Priorat avec dor\u00e9navant du vent de face. Plus on avance, plus il souffle et moins vite on avance.<\/p>\n<p>Une nouvelle nuit tombe sur nous. Je ne ressens toujours pas de fatigue. Je suis confiant pour rouler 24h depuis mon d\u00e9part de l&#8217;h\u00f4tel mais de moins en moins pour arriver \u00e0 1h du matin au Mont Caro. Malheureusement nous allons perdre Borja qui n&#8217;arrive plus \u00e0 nous suivre et il va s&#8217;arr\u00eater dormir. Les kilom\u00e8tres sont horribles sur des grandes routes avec un vent de face qui fait qu&#8217;on n\u2019avance pas une cacahu\u00e8te. L&#8217;encha\u00eenement des kilom\u00e8tres sans int\u00e9r\u00eat et les heures qui passent commencent \u00e0 me faire piquer du nez sur le v\u00e9lo en arrivant sur Tortosa . On se fait une pause pour manger un bout, boire un redbull, saveur copacabana pour Valentin, et se pr\u00e9parer pour l&#8217;ascension du mont Caro. On sait qu&#8217;il y a un refuge o\u00f9 l&#8217;on pourra dormir plus confortablement que dans la rue qui est le cp3, donc on ne se pose pas la question et on fait ce qu&#8217;on a dit malgr\u00e9 nos estimations foireuses.<\/p>\n<p>Il est 3h du matin et on attaque cette mont\u00e9e que l&#8217;on sait tr\u00e8s difficile sans savoir ce qui nous attend. Les premiers kilom\u00e8tres sont progressifs dans du 6% puis on part pour 12kms \u00e0 10% de moyenne. On se raconte nos vies pour rester \u00e9veill\u00e9 mais tr\u00e8s vite les rafales de vent s&#8217;amplifient au fur et \u00e0 mesure de la mont\u00e9e. On est compl\u00e8tement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par la force des rafales et quand on a le vent dans le dos on n\u2019a m\u00eame plus besoin de p\u00e9daler on est port\u00e9 par la force du vent. Malheureusement la majeure partie de la mont\u00e9e se fait vent de face. Dans les derniers kilom\u00e8tres de la mont\u00e9e on est oblig\u00e9 de mettre pied \u00e0 terre et de pousser nos v\u00e9los car la temp\u00eate est trop forte. On se dit que peu de gens pourront imaginer les conditions extr\u00eames de cette mont\u00e9e. J&#8217;ai v\u00e9cu pas mal de moments rock&#8217;n&#8217;roll en montagne mais l\u00e0 clairement, \u00e7a ne fait pas rire les mouettes. Il n\u2019y a pas de discussion possible, on va directement au refuge qui n&#8217;a jamais aussi bien port\u00e9 son nom. On gal\u00e8re \u00e0 le trouver surtout que mon fessier commence \u00e0 me faire mal et je dois alterner entre la fesse droite ou gauche sur ma selle . On arrive au refuge vers 5h 5h30, on prend nos affaires et on voit une frontale arriver. C\u2019est Marc qui arrive et me serre de toutes ses forces dans ses bras, soulag\u00e9 de finir cette mont\u00e9e en enfer ou d&#8217;enfer.<\/p>\n<p><strong>Mont Caro \u27a1\ufe0f Reus 155km 900m D+<\/strong><br \/>\nOn entre dans le refuge qui n&#8217;a jamais aussi bien port\u00e9 son nom. Tout le monde dort, on commence \u00e0 se mettre \u00e0 l&#8217;aise et \u00e0 brancher notre \u00e9lectronique. Un b\u00e9n\u00e9vole descend pour aller aux toilettes et il est tout surpris de nous voir ici au vu de la temp\u00eate et du suivi live qui avait bugu\u00e9. Je ne le comprendrais que le lendemain mais ce b\u00e9n\u00e9vole est un coureur qui a d\u00fb abandonner sur un ennui m\u00e9canique et qui a propos\u00e9 \u00e0 l&#8217;organisation de les aider. Bruno se r\u00e9veille et descend nous voir. On d\u00e9cide de dormir 1h30 et d\u2019attendre le lever du jour pour repartir pour des raisons \u00e9videntes de s\u00e9curit\u00e9. Seul le premier a r\u00e9ussi \u00e0 descendre de jour en \u00e9tant oblig\u00e9 de descendre du v\u00e9lo. On va se coucher dans le dortoir de lits superpos\u00e9s qui me rappelle les refuges de montagne. On s&#8217;endort pour une courte nuit bien m\u00e9rit\u00e9e. Au r\u00e9veil je me demande ce que je fais l\u00e0. Il me faut quelques instants pour me reconnecter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. On descend et les b\u00e9n\u00e9voles nous offrent le caf\u00e9. On se pr\u00e9pare \u00e0 affronter la mont\u00e9e au Mont Caro et surtout la descente.<br \/>\nOn d\u00e9cide de rester ensemble jusqu&#8217;\u00e0 tortosa qui marquera le dernier petit d\u00e9jeuner de l&#8217;aventure. Au moment de partir je ne trouve plus mon burner Albion offert dans le racepack. Je retourne de fond en comble le refuge mais impossible de mettre la main dessus. Je suis d\u00e9go\u00fbt\u00e9 car c&#8217;est une sacr\u00e9e invention et on s&#8217;attache bien aux bonnes choses. Cette disparition restera un myst\u00e8re. Il est 8h30 je pense quand on reprend la route pour le final push. On descend les 3 km jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;intersection pour monter les 4 derniers km jusqu&#8217;au sommet. Depuis Tortosa \u00e7a fait une sacr\u00e9 ascension que j&#8217;irais refaire dans des conditions plus humaines. Le vent a l\u00e9g\u00e8rement faibli et on d\u00e9couvre de jour ce magnifique sommet qui est le Mont Caro. On arrive au sommet, on prend quelques photos avant d&#8217;attaquer la descente. A partir de la mi-descente on commence \u00e0 croiser les coureurs qui ont attaqu\u00e9 la mont\u00e9e au petit jour.<\/p>\n<p>Les \u00e9carts sont cons\u00e9quents surtout qu&#8217;il nous reste 130 km de plat ou presque. On retrouve la civilisation et on va d\u00e9valiser notre derni\u00e8re boulangerie. Toujours des grands moments sous les yeux interloqu\u00e9s des autres clients qui ne comprennent pas le concept de se resservir 3 fois en sucr\u00e9 et sal\u00e9 et de boire 6 expressos avec du coca pour faire passer le tout. On repart et Marc a pris la poudre d&#8217;escampette. De suite j&#8217;annonce \u00e0 Bruno que je ne compte pas faire la course car il m\u00e9rite sa deuxi\u00e8me place et l&#8217;unique raison qui fait que je suis \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s est qu&#8217;il a pris la bonne d\u00e9cision au niveau de la s\u00e9curit\u00e9 de ne pas descendre de nuit le Mont Caro. Il me regarde interloqu\u00e9 et je lui confirme que c&#8217;est ma vision du sport. La premi\u00e8re partie est plate pour nous emmener au delta de l&#8217;Ebre.<br \/>\nValentin devait regonfler ses pneus pour la 1000eme fois de l&#8217;aventure donc on se retrouve avec Bruno \u00e0 rouler \u00e0 bon train jusqu&#8217;au passage Gravel. On fera l&#8217;ensemble des passages gravel \u00e0 rythme prudent car \u00e7a serait dommage de devoir faire les 80 derniers km \u00e0 pied !<br \/>\nA la sortie des sections gravel Valentin revient sur nous. On attaque l&#8217;avant derni\u00e8re ligne droite avec le front de mer et toutes les stations baln\u00e9aires de la Costa del sol catalane.<\/p>\n<p>On reprend de l&#8217;avance sur Valentin puis arrive l&#8217;avant derni\u00e8re bosse de la course \u00e0 50 km de l&#8217;arriv\u00e9e. Nos chemins se s\u00e9parent maintenant avec Bruno et je lui confie une mission comme \u00e0 two volcano : ne pas boire toutes les bi\u00e8res \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e ! Je me retrouve seul et je<br \/>\nsavoure le chemin accompli car l&#8217;arriv\u00e9e se rapproche. J&#8217;ai envie d&#8217;une bi\u00e8re et d&#8217;une glace car il est 13h et j&#8217;ai la cafeti\u00e8re qui chauffe. Je checke le suivi live et je vois que j&#8217;ai quelques heures d&#8217;avance sur le 4\u00e8me. En entrant dans Miami plateau je n&#8217;ai qu&#8217;une obsession : trouver un glacier ouvert. Tellement omnibul\u00e9 par ma qu\u00eate je n&#8217;avais pas vu Bruno qui \u00e9tait sur le bord de la route en panne de di2. Je ne pensais pas le revoir avant l&#8217;arriv\u00e9e. Je lui explique mon projet de glace bi\u00e8re et je lui propose de venir manger une glace avec moi le temps de brancher son di2. On est en terrasse tranquillement en train de savourer nos glaces et en se rafra\u00eechissant. Valentin passe on lui propose de se joindre \u00e0 nous mais il nous explique qu&#8217;il souffre et qu&#8217;il a h\u00e2te de finir. Il reste 15 km pour boucler la boucle.<br \/>\nJ&#8217;invite Bruno \u00e0 repartir le temps de me faire un second combo glace bi\u00e8re. Il me remercie, je lui r\u00e9pond que c&#8217;est juste normal et que si en cyclisme ce genre de pratique est rare dans le trail c&#8217;est une des bases de l&#8217;esprit trail. J\u2019en profite pour savourer le fait du devoir accompli alors que quelques mois on m\u2019avait dit que l\u2019ultra endurance c\u2019\u00e9tait fini pour moi. Cela ne remplacera pas mon amour pour la haute<\/p>\n<p>montagne et l\u2019ultra de montagne mais quel r\u00e9gal de vivre de telles \u00e9motions qui me sont indispensables pour mon \u00e9quilibre personnel. Il me reste 15 km, je suis partag\u00e9 entre l&#8217;envie de terminer cette aventure et l\u2019envie de continuer. Pas facile de redescendre sur terre apr\u00e8s de tels moments qui induisent souvent un sentiment de d\u00e9pression. Mon fessier me rappelle qu&#8217;apr\u00e8s 1400 km il est press\u00e9 de retrouver sa vie d\u2019avant. La fin de course emprunte des grandes routes est monotone m\u00eame si \u00e0 chaque passage de voiture je me rappelle \u00e0 quel point les catalans sont respectueux des cyclistes. On a un sacr\u00e9 d\u00e9ficit de civisme en France entre les automobilistes et les cyclistes. Je rentre dans Reus et je rejoins l&#8217;arriv\u00e9e. Je suis le 3\u00e8me \u00e0 boucler la boucle. Je retrouve les membres de la french Mafia ainsi que Marc et Joan. Comme je l&#8217;avais constat\u00e9 \u00e0 la two volcano, la ligne d&#8217;arriv\u00e9e en ultra cyclisme se transforme vite en lieu de d\u00e9tente o\u00f9 les coureurs d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9s attendent les suivants en buvant et en racontant les anecdotes de leur aventure. Bref une ambiance comme je les aime.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Reus \u27a1\ufe0f Monast\u00e8re Saint Pere de Rod\u00e9s 373km 5213m d+ Suite \u00e0 un second IRM fin f\u00e9vrier qui confirme le premier et la fin du trail. Je recommence \u00e0 allonger les distances \u00e0 v\u00e9lo en esp\u00e9rant que mon dos me laisse tranquille. 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